dimanche 3 décembre 2017

Un métronome à cran...

Voici un petit rappel pour la jeune génération qui n'a pas connu le métronome mécanique à ressort (celui pyramidal, encombrant, et souvent bancal), ni le métronome électronique (celui qui quelquefois se déclenchait dans votre boite).
Votre métronome est dans votre téléphone, avec un choix incroyable de vitesses, de possibilités et de combinaisons (comme par exemple la fonction "tap" qui vous permet de connaitre le tempo  d'un morceau en tapant la pulsation).

Savez-vous encore ce qu'est "monter d'un cran de métronome"?
Voici pour ceux qui ne le savent pas, les tempi tels qu'ils étaient répartis sur les anciens métronomes:

De 40 à 60, de deux en deux (40, 42, 44...)
De 60 à 72, de trois en trois (60, 63, 66...)
De 72 à 120, de quatre en quatre (72, 76, 80...)
De 120 à 152, de 6 en 6 (120, 126, 132...)
De 152 à 200, de 8 en 8 (152, 160, 168...)

Vous pouvez suivre cette progression efficace quand vous montez petit à petit le tempo d'un passage.
Bon travail!




mercredi 6 janvier 2016

mercredi 9 septembre 2015

Rossini, "Introduction, thème et variations"

Introduction, thème et variations a été composé en 1822 par Rossini, à l'attention du professeur de clarinette Alessandro Abate.
 

L'introduction reprend "La pace mia smarrita" de l'opéra "Mosè in Egitto" (1818):



Les variations suivent le thème "Oh quante lagrime" (à 6'15), tiré de l'opéra "La donna del Lago" (1819):

dimanche 12 juillet 2015

1111 mécanismes avancés pour clarinette


À propos des exercices techniques, Marguerite Long expliquait que "le mécanisme n'est pas le but suprême vers lequel doivent tendre les efforts d'un musicien, mais il aide à y parvenir. Le talent ne consiste pas dans le mécanisme, mais il n'y a pas de talent sans mécanique longtemps éprouvé et sûr de ses moyens."
Commencez par travailler lentement. La vitesse n'est pas le but principal. Répétez chaque exercice autant de fois que possible, sur la longueur d'un souffle. Travaillez globalement: soignez le legato, la sonorité, la posture générale, la position des mains et des doigts. Restez détendus. Amusez vous en variant les articulations, créez des mécanismes dans le mécanisme, travaillez avec différents rythmes. Ces mécanismes sont à votre disposition. À vous d'en tirer le meilleur profit!

mardi 23 juin 2015

Klangfarbenmelodie

Composées en 1909, les Cinq pièces pour orchestre op.16 de Schoenberg furent créées en 1912 lors des "Promenade concerts" de Londres.

En son coeur, la 3ème pièce fait office de pivot central. Elle s'articule autour d'un accord de 5 sons: ut, sol dièse, si, mi, la. Athématique, elle offre un spectaculaire jeu de timbres orchestraux, selon le principe de la Klangfarbenmelodie ou "mélodie de timbres".

Sous-titrée originellement "Couleurs, ou Matin d'été sur un lac (Moderato)", elle propose de subtils enchainements et variations de timbres, comme une transposition musicale des variations de couleurs et lumières sur les eaux du lac Traunsee.



Webern fut un autre des musiciens de la seconde école de Vienne à avoir utilisé le principe de la Klangfarbenmelodie, notamment dans les Six Pièces pour orchestre op.6 écrites elles aussi en 1909, dédiées à Schoenberg et créées par ce dernier à Vienne.

En 1935, Webern réalisa une orchestration extraordinaire de la Fuga Ricercata de J.-S. Bach (de L'Offrande musicale, composée en 1747), en applicant ce principe de la "mélodie de timbres".

mardi 26 mai 2015

Webern op 10, par Pierre Boulez

À une dame qui lui disait "vos peintures, pour moi, c'est du chinois", Picasso rétorqua: "mais Madame, le chinois, ça s'apprend!". 

Si, pour vous, Webern c'est du chinois, et bien laissez-vous guider à la découverte de la 3ème pièce de son opus 10. 

Pénétrez l'univers musical de Webern, et laissez-vous pénétrer en retour par cet art subtil des sons. Laissez-vous séduire par cette pièce courte et dense, de celles dont Arnold Schoenberg disait qu'elles "font tenir un roman dans un soupir".

Pierre Boulez est le guide.







dimanche 3 mai 2015

On écoute aussi la musique avec les yeux

Chacun sait que lors d'un entretien d'embauche, les mots ne représentent que 20 ou 30% de ce qui est reçu par l'interlocuteur. La posture, la gestuelle, le "non-verbal" en général ont donc une influence prépondérante.
Qu'en est-il pour la musique?

Selon une étude anglaise réalisée par l'équipe de Chia-Jung Tsay de l'University College London, il semble qu'une performance musicale soit jugée plus par la vue que par l'ouïe. 

Voici une vidéo qui présente 3 finalistes de concours, en version "silent video": à vous de jouer!



Voici maintenant une vidéo présentant ces 3 finalistes en version audio: faites votre choix!



Dans la version "silent audio", nous sommes séduits par l'aisance et la décontraction du candidat YS, contrairement aux deux autres, plus raides et grimaçants. 
L'adhésion pour le candidat sur impression visuelle, est finalement démentie par l'audio seul.
Et c'est pourtant lui qui va gagner.

Même si chacun prétend juger un musicien d'abord sur sa prestation musicale, il n'en demeure pas moins que la vue, sens dominant, influence notre perception et donc notre jugement.
C'est donc un encouragement à soigner notre posture, notre décontraction et la relation au public. 
A faire avec sincérité, car une gestuelle préfabriquée, sans naturel, sera elle aussi perçue par l'oeil.

dimanche 19 avril 2015

Travailler un instrument de musique

De mon expérience de professeur de clarinette, il m'apparait que deux choses sont à enseigner priotairement à l'élève: apprendre à écouter (apprendre à s'écouter), apprendre à travailler (apprendre les méthodes).
Puis apprendre à élaborer une interprétation (travail de l'esprit) et à maitriser le souffle et la décontraction (travail du corps).



Dans "l'abécédaire d'un pianiste" (Christian Bourgeois éditeur), Alfred Brendel livre sa vision sur l'art de travailler un morceau: "Le plus important est que travailler un morceau ne doit pas être une charge. Faire connaissance avec un morceau, prendre physiquement contact avec lui, l'approfondir intellectuellement tout en le laissant nous dire quelle technique il exige de nous, s'engager dans un processus d'appropriation qui peut parfois durer toute une vie, une appropriation réciproque qui peut aller jusqu'au point où c'est le morceau qui joue l'interprète; procéder sans contrainte ni nonchalance, c'est-à-dire ne pas déformer un morceau à force d'exercice, et ne pas tout oser sans filet de sécurité - tout cela fait partie des devoirs les plus fascinants du pianiste. Les conditions en sont: un bon instrument; une bonne édition du texte original; une technique de jeu qui n'inflige pas de dommages physiques au pianiste; un travail concentré, mais pas acharné; de l'ambition; de la patience; le choix des pièces qui conviennent; enfin, et ce n'est pas le moins important, la capacité de s'écouter soi-même jouer.
Cette capacité s'acquerra au fil du temps et à l'aide d'un appareil enregistreur. Lorsque j'avais vingt ans, des gens aimables m'ont offert un magnétophone Revox; je le possède encore aujourd'hui".

Pour s'approprier une partition sur le plan technique, chacun comprend que la répétition d'un passage est essentielle. 
On ignore parfois qu'il en va de même pour l'appropriation de la musicalité. Répétez la phrase, noyez-vous dedans, laissez l'instinct s'exprimer, ressentez puis réfléchissez; opérez une navette entre le corps et l'esprit, en écoutant toujours plus en détail, en ressentant toujours plus profondément. Jusqu'à ce que la musique vous rentre dans la tête et dans la peau.

lundi 30 mars 2015

Tempo et pulsation

A partir d'un tempo donné, un interprète peut choisir différentes pulsations.

Dans un mouvement lent à 6/8, pour la même vitesse d'exécution, il pourra choisir une pulsation à la noire pointée (à 2 temps) ou la pulsation décomposée à la croche (à 6 temps).

Prenons maintenant l'exemple du premier mouvement du concerto pour clarinette de Mozart: 



Ce passage peut être battu et joué à 4 temps, ou à 2 temps (alla breve).
Dans les deux cas, l'interprète peut "jouer" avec  cette pulsation, et passer d'une battue à l'autre, sans  pour autant altérer le tempo.

Dans l'exemple ci-dessus, on peut noter une autre pulsation, interne à la musique: c'est le mouvement des croches. Celles-ci unifient la phrase, comme une colonne vertébrale. Mozart en parlait comme "il filo", le fil de la musique.
Cette petite pulsation est fondamentale. Elle conduit la musique, emplit les valeurs longues et relie les musiciens entre eux. Elle leur offre a possibilité de jouer avec, et ainsi de jouer ensemble.

Voici ce qu'en dit Alfred Brendel dans son "Abécédaire d'un pianiste" (Christian Bourgeois éditeur):

" La pulsation et la colonne vertébrale ont en commun le fait d'assurer la continuité. La colonne vertébrale nous donne solidité et souplesse, la pulsation anime, mais exerce aussi le contrôle. C'est elle qui fait avancer la musique. Avoir conscience des petites valeurs de notes, en particulier, permet justement de tenir un rythme doté de sens, mais aussi de faire des modifications de tempo intelligentes. Cette conscience est le socle du jeu d'ensemble. Une pulsation de croches permettra un bien meilleur contrôle de la fugue de la sonate Hammerklavier."