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mercredi 12 mars 2014

lundi 26 novembre 2012

Guillaume Connesson, "musique de chambre"

CD-DVD Connesson
Le CD-DVD "Connesson, musique de chambre" vient de sortir dans la collection Pierre Bergé.



"Le nouvel album de Guillaume Connesson fixe un univers musical subtil, fait de développement diffus, énergiques et farouches. Les interprètes (sont) absolument remarquables" - Choc Classica Novembre 2012 --Bertrand Dermoncourt - Classica

Plus de vidéos et photos ici

lundi 24 septembre 2012

Das Lied der Trennung (Mozart), par la compagnie Nine Spirit




Das Lied der Trennung de Mozart, revisité par la Compagnie Nine Spirit.
Cette pièce fera partie du disque dédié à la rencontre improbable de Wolfgang Amadeus Mozart et de Duke Ellington. A suivre...

jeudi 29 décembre 2011

Guillaume CONNESSON, CD + DVD

Musique de chambre de Guillaume CONNESSON en CD+DVD
Guillaume Connesson (compositeur) au Louisiana Museum of Modern Art (Danemark)


Sergey Malov (violon) et Stéphan Aubé (réalisateur)

installation d'une micro-caméra sur le pavillon de la clarinette


musique de chambre de Guillaume Connesson, avec Jérôme Pernoo (violoncelle)

mercredi 28 décembre 2011

Les Bons Becs en CD chez Decca

"Musical Getaway", Sung-Won Yang (violoncelle) et les Bons Becs, un disque Decca (Universal Music Korea)




dimanche 10 avril 2011

Mozart et la clarinette

Lors d'un voyage à Mannheim en 1778, Mozart fut impressionné par la "beauté du son des clarinettes" nouvellement introduites au sein de l'orchestre.
En 1789, Mozart compose le Quintette pour clarinette et cordes à l'attention d'Anton Stadler, son frère de loge maçonnique.



La clarinette, officiellement inventée en 1690 par Johann Christoph Denner, est alors un instrument en pleine évolution. Stadler joue un prototype révolutionnaire à cinq clés.
A titre de comparaison, les concerti de Weber, composés seulement vingt ans plus tard, seront interprétés par Heinrich Joseph Baermann sur un instrument à dix clés, déjà bien plus performant.
Mozart, qui a saisi toutes les possibilités expressives de la clarinette, va écrire pour elle ses plus belles pages du répertoire: le concerto k 622, le Kegelstatt-Trio, le quintette avec clarinette K 581, ou des airs d'opéra avec obligato de clarinette.
Voici Parto, ma tu ben mio de la Clémence de Titus:



Dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, les instruments à vent sont en vogue. On peut les entendre aussi bien dans les salons que dans des concerts en plein air.
On voit avoir fleurir une littérature musicale composée d'œuvres originales et de transcriptions.
Mozart raconte dans une lettre à son père que sa Sérénade pour vents K 375 " a eu un plein succès. On l'a jouée en trois endroits différents, pendant cette nuit de la Sainte-Thérèse. Dès qu'ils l'avaient achevée en un lieu, on les emmenait et on les payait dans un autre".
Dans cette vie musicale animée, les instrumentistes à vent, souvent par ailleurs d'excellents facteurs, arrangent eux-mêmes de nombreuses partitions. On peut citer par exemple le Don Giovanni pour Harmoniemusik du hautboïste Josef Triebensee.
Voici "Der Vogelfänger" extrait de La flûte enchantée (transcription de J. Heidenreich) par l'Ensemble Maurice Bourgue:



Chez Mozart, la transcription peut être didactique, comme par exemple quand il adapte pour cordes certaines fugues de Bach. Mais elle est souvent pragmatique, comme en témoigne la lettre à son père écrite peu après la création de L'enlèvement au sérail: "Mon opéra doit être arrangé pour orchestre à vents pour dimanche prochain, sinon un autre passera avant moi et aura tout le profit au lieu de moi-même".
Remplacer le premier violon du quatuor par un instrument à vent est une pratique courante comme en témoignent les quatuors pour flûte et le quatuor pour hautbois.
La sonate pour violon et piano K 378 a été composée en 1779. Voici un arrangement que nous avons réalisés avec le quatuor Manfred pour un disque chez Zig Zag Territoires:



Et pour finir deux visions complémentaires de la musique de Mozart:
"Il faut que cela soit gai, soit si gai, que l'on ait envie de fondre en larme" B. Walter
"On voudrait pleurer, on pleure parfois, et le miracle est là: ces larmes sont douces comme un bonheur" A. Comte-Sponville

dimanche 9 janvier 2011

Les Contrastes, de Bartók (2)

Contrastes est écrit pour une combinaison instrumentale peu usitée, imposée bien-sûr par la commande. C’est, dans le catalogue des œuvres de musique de chambre de Bartók, la seule avec un instrument à vent.
Contrastes présente la curiosité d’être un trio pour 5 instruments : clarinette en la, clarinette en si bémol, violon, violon scordatura (accordé sol#, ré, la, mib) et piano.
Bartók n’utilise pas les musiques populaires au sens propre, mais les prend pour modèle spirituel, d’où la couleur fascinante et unique de cette musique, véritable folklore inventé et imaginaire.

Verbunkos : « danse des racoleurs », « danse de recrutement »




Ce mouvement correspond au lassù de la Czardas.
Le verbunkos est traditionnellement une musique dansée par les soldats en uniforme de cérémonie lors des séances de recrutement organisées par l’armée austro-hongroise des Habsbourg au début du XVIIIe siècle.
Dans ce mouvement, Bartók fait référence à différents éléments en rapport avec le folklore hongrois : des rythmes pointés « magyars », le bokazó (cadence rythmique imitant les coups de talon des cavaliers hongrois), l’ambigüité majeur/mineur, une écriture du violon avec des grands sauts d’intervalles, l’ornementation de la tonique ou l’insistance sur l’intervalle de la quarte.
Le traitement harmonique est riche, faisant appel par exemple aux gammes par tons, au mode lydien, à l’échelle octotonique, ou à la polymodalité chromatique.
Ce mouvement fait la part belle à la clarinette avec une cadence à la fin.


Pihenö : « repos », « relaxation »



On trouve dans ce mouvement l’inspiration du son du gamelan indonésien, tout comme dans le dernier mouvement du Concerto pour Orchestre ou De l’île de Bali, dans Mikrokosmos.



Les gammes pentatoniques et des intervalles mélodiques de secondes et de quartes de cette musique, se trouvent être aussi des caractéristiques de la musique folklorique hongroise.

Sebes : « danse rapide »



Elle correspond au friss de la Czardas. Dans ce mouvement, Bartók emprunte au folklore roumain une de ses danses caractéristiques de la région des Maramures, avec ses notes répétées avec appogiatures.
Il emprunte aussi au folklore bulgare le rythme (8+5)/8, lui-même superposition de deux rythmes : (3+2+3+2+3)/8 (au piano) et (1+2+2+2+1+4+1)/8 (à la clarinette et au violon).
C’est cette fois au violon que Bartók destine sa cadence.

Contrastes est une pièce très originale, qui puise son inspiration notamment dans les formes et musiques populaires hongroises, roumaines, bulgares ou du gamelan indonésien.
On peut noter que le contact avec Benny Goodman n’a pas incité Bartók à utiliser le langage du jazz.

Bibliographie: Bartók et le folklore imaginaire de Jean-François Boukobza, éditions Cité de la Musique 2005.

lundi 6 décembre 2010

Le malambo, la Pampa, et Guastavino.

Pour clore cette petite série consacrée à l'Argentine, voici un éclairage sur l'influence du folklore argentin dans la musique de Guastavino.
Dans Pampamapa, Carlos Guastavino puise son inspiration dans le rythme du malambo.

A l'origine, le malambo est une danse où deux hommes s'affrontent dans un combat de zapateado (frappes des pieds).
Cette danse est celle des gauchos de la Pampa argentine, rythmée par le bombo (gros tambour en bois et en peau), par les frappes des bottes ou celles des boleadores (sorte de lasso sud-américain destiné à la chasse, et dont chaque extrémité de la corde se termine par un petit sac contenant une pierre).



Carlos Guastavino, né dans la région de la Pampa (à Santa Fe), connaissait bien ces traditions des gauchos auxquelles il s'était intéressé.
Dans Pampamapa, le piano solo reprend le rythme caractéristique du malambo, évoquant le galop des chevaux et la Pampa.
S'inspirant de la poésie de Hamlet Quintana (dans la version chantée), la clarinette exprime combien l'appel de la Pampa est plus fort que tout, plus fort même que l'amour pour une femme. Pour que les lèvres de cette femme ne deviennent pas amères, l'homme lui demande de ne pas essayer de le retenir quand il repartira pour la Pampa. Car on n'attache pas le vent.
"Pampa, je te donne ma vie et mes rêves, donne-moi ta sérénité".


Pampamapa, de Carlos Guastavino, extrait du disque "Melodias Argentinas"

Ce besoin du retour à la Pampa est l'expression de la nostalgie, qui est étymologiquement, la maladie (algos) du retour (nostos).
La nostalgie est centrale dans la musique de Carlos Guastavino et peut-être plus généralement dans l'âme argentine.

dimanche 21 novembre 2010

Il vient d'arriver; il est nouveau.

(et contrairement au Beaujolais, il ne donne pas mal à la tête)

Disque Guastavino, chez Transart Live (TR164)


L'Argentine a vu naître dans la seconde décennie du XXème siècle 3 artistes qui illustrent les tendances les plus divergentes de la musique de leur pays : Astor Piazzolla a trouvé dans le modèle du tango urbain la source de son inépuisable inspiration. Alberto Ginastera s'est délibérément inscrit dans le courant moderniste de son époque tout en puisant les éléments de son langage dans la musique populaire argentine.


Quant à Carlos Guastavino, il a su traduire avec des moyens d'expression hérités de l'époque romantique les sentiments de la population paysanne, les «gauchos». En touchant le cœur des humbles, il a conquis ses lettres de noblesse, et demeure l'un des musiciens classiques les plus aimés en Argentine. Sa production pianistique s'échelonne de 1945 à 1975, tout comme les deux cents chansons qui lui ont valu le surnom de "Schubert argentin". Doué du génie de la mélodie, Carlos Guastavino a façonné son style en incorporant à son art du chant les tournures vocales venues des usages musicaux traditionnels.


Aux côtés des pièces originales (Tonada y Cueca; Sonate pour clarinette et piano), j'ai adapté pour la clarinette quelques unes des plus belles chansons du maestro argentin (dont El sampedrino et Rosita Iglesias).

De magnifiques pièces pour piano solo, comme Bailecito, complètent ce programme original.

A découvrir!

vendredi 15 janvier 2010

La fanfare de Bangui, itinéraire enchanté d'un ethnomusicologue

Ça commence comme un roman d'aventures: un coup de fil du ministère des Affaires étrangères israélien propose en 1963 à un corniste de l'orchestre symphonique de la radio de partir en République centrafricaine, dans le cadre d'un programme de coopération: le président centrafricain veut une fanfare...



Il n'y aura jamais de fanfare. Mais Simha Arom découvre des musiques extraordinaires, notamment celle des pygmées et il est immédiatement bouleversé: " je sentais que leur musique venait du fond des âges, mais aussi, d'une certaine manière, du plus profond de moi-même. Pourtant, je ne pouvais les connaitre, n'ayant jamais rien entendu de semblable. C'était affolant. Comment ces musiciens faisaient-ils? J'en étais tout ahuri."



Pour comprendre, Simha Arom va faire un long périple en Centrafrique. Il va inventer de nouvelles méthodes de recherche, créer un musée des Arts et traditions populaires, multiplier les enregistrements.
Il deviendra un ethnomusicologue de réputation mondiale.

"En m'offrant une ouverture sur un monde vivant et sensible, comme sur des modes de pensée si différents, l'Afrique fut à bien des égards une vaste source d'enseignements et d'enrichissement".

La Fanfare de Bangui, Simha Arom,
éditions Les empêcheurs de tourner en rond/ La découverte
(livre)

Pierre-Laurent Aimard et Simha Arom, Ligeti/Reich: African Rhythms, Teldec Classics (disque)