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dimanche 3 mai 2015

On écoute aussi la musique avec les yeux

Chacun sait que lors d'un entretien d'embauche, les mots ne représentent que 20 ou 30% de ce qui est reçu par l'interlocuteur. La posture, la gestuelle, le "non-verbal" en général ont donc une influence prépondérante.
Qu'en est-il pour la musique?

Selon une étude anglaise réalisée par l'équipe de Chia-Jung Tsay de l'University College London, il semble qu'une performance musicale soit jugée plus par la vue que par l'ouïe. 

Voici une vidéo qui présente 3 finalistes de concours, en version "silent video": à vous de jouer!



Voici maintenant une vidéo présentant ces 3 finalistes en version audio: faites votre choix!



Dans la version "silent audio", nous sommes séduits par l'aisance et la décontraction du candidat YS, contrairement aux deux autres, plus raides et grimaçants. 
L'adhésion pour le candidat sur impression visuelle, est finalement démentie par l'audio seul.
Et c'est pourtant lui qui va gagner.

Même si chacun prétend juger un musicien d'abord sur sa prestation musicale, il n'en demeure pas moins que la vue, sens dominant, influence notre perception et donc notre jugement.
C'est donc un encouragement à soigner notre posture, notre décontraction et la relation au public. 
A faire avec sincérité, car une gestuelle préfabriquée, sans naturel, sera elle aussi perçue par l'oeil.

vendredi 15 novembre 2013

La cohérence cardiaque, pour réduire le stress

Dans un des précédents articles, "la peur donne des ailes", j'ai décrit certains mécanismes du stress.

Le rythme cardiaque est balancé par le système nerveux sympathique ( qui libère l'adrénaline accélératrice) et parasympathique (qui freine). 
Dans les états de stress, d'anxiété, de dépression ou de colère, la variabilité entre deux battements devient irrégulière ou "chaotique". 
Dans les états de bien-être, de compassion ou de gratitude, cette variabilité devient "cohérente".

La "cohérence cardiaque" est une technique permettant de contrôler l'état nerveux et émotionnel.
En voici une démonstration, appliquée aux pilotes de chasse:



On peut donc atteindre la cohérence cardiaque grâce à un contrôle de la respiration: inspirer pendant 5 secondes, puis expirer pendant 5 secondes (soit 6 respirations par minute), pendant  un minimum de 3 minutes. L'exercice s'accompagne d' une visualisation mentale (par exemple, la respiration traverse le cœur en l'apaisant)
 
Une pratique régulière semble augmenter l'efficacité du système immunitaire, augmenter le taux de DHEA, et permet de diminuer le taux de cortisol (hormone du stress, dont l'excès provoque des effets négatifs en particulier sur la mémoire ou la tension artérielle).

Respirer, c'est la santé!

dimanche 4 mars 2012

La sagesse du musicien après le concours.

Après un concours, quel qu’en soit le résultat, il est nécessaire d'aborder positivement la nouvelle phase qui s'ouvre.
D'après Machiavel, "il perd celui qui sait ce qu'il va faire s'il gagne. Il gagne celui qui sait ce qu'il va faire s'il perd". Il nous enseigne un paradoxe: la réussite peut être un piège, celui de se reposer sur ses acquis, alors que dans le cas contraire, ce peut être l'opportunité de rebondir. Ce qu'exprime très clairement Henry Ford ainsi: "L'échec n'est qu'une opportunité de recommencer plus intelligemment". Tout est dit.

Reinhold Niebuhr (1892-1971)

"Que nous soit accordée la grâce d'accepter avec sérénité ce que l'on ne peut changer, le courage de changer ce qui devrait l'être, et la sagesse de faire la distinction entre l'un et l'autre".

J'aime la sagesse de cette phrase de Reinhold Niebuhr, qui nous invite à assumer le résultat de notre prestation, avec ses circonstances heureuses ou non.
Le "lâcher-prise" consiste donc ici à ne pas perdre son temps à ruminer ou se lamenter sur le résultat qui ne peut plus être changé, mais plutôt chercher à prendre du recul, pour envisager avec calme et sérénité la manière de rebondir.

En tirant les bons enseignements de cette expérience, on peut définir clairement des objectifs de travail pour progresser.
Les commentaires du jury, ou notre propre réflexion, nous amènent à comprendre ce que l'on peut améliorer, mieux gérer, ou comment mieux se préparer.

Il sera ensuite indispensable d'avoir le courage d'entreprendre ces améliorations nécessaires.

Napoléon Bonaparte (1769-1821)

La sagesse du musicien est donc d'assumer, puis de se perfectionner.

Avec le mot de la fin à Napoléon Bonaparte:
"Notre plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber mais de se relever à chaque fois que l'on tombe"

mardi 7 février 2012

La sagesse du musicien avant le concours

La vie du jeune musicien est jalonnée de concours, examen et autres auditions. Ces mises à l'épreuve ne sont pas des finalités en soi, mais des étapes sur le chemin continu du travail.
On peut disserter sur le peu de compatibilité entre l'esprit de compétition et le simple plaisir de jouer de la musique, il n'empêche que réussir un concours est un moyen pour que votre talent et vos compétences soient reconnues. Et dans le cas inverse, il en restera une expérience qui vous aidera à préparer la réussite prochaine.

Sir Winston Churchill (1874-1965)

Avant le concours, sur les conseils de Winston Churchill, voyez "une opportunité dans chaque difficulté", celle de progresser, de vous améliorer en la surmontant, et "agissez comme s'il était impossible d'échouer".

Henry Ford (1863-1947)
Qu'est-ce qui conditionne la réussite?
D'après Henry Ford, ce sera votre "capacité à soutenir un effort continu".
Alors, haut les cœurs!

samedi 28 août 2010

La peur donne des ailes...




La peur est l'une des six émotions fondamentales définies par le psychologue Paul Ekman (avec la joie, la tristesse, la colère, la surprise et le dégoût).

À l'intérieur du cerveau se trouve un cerveau émotionnel qui régit le bien-être psychologique et une grande partie de la physiologie du corps (fonctionnement du cœur, tension artérielle, hormones, système digestif et immunitaire).

Pour le neuroscientifique Antonio Damasio, la vie psychique est le résultat d'un effort de symbiose entre le cerveau cognitif (conscient, rationnel et tourné vers le monde extérieur) et le cerveau émotionnel (inconscient, préoccupé de survie et connecté au corps).


Le cerveau émotionnel (ou limbique) est le plus ancien et nous le partageons avec tous les mammifères et, pour certaines parties, avec les reptiles.
Autour se trouve le cerveau nouveau (néocortex).


Le cerveau limbique de par sa structure neuronale est plus primitif mais plus rapide ( c'est pourquoi une réaction de peur se déclenche plus vite que l'analyse de la situation; de plus il a la capacité de "débrancher" le cortex préfrontal sous l'effet d'un stress important, ce dernier ne répondant plus et perdant sa capacité à guider le comportement).

Le néocortex, c'est la surface plissée qui donne au cerveau son apparence si caractéristique; du point de vue de l'évolution, c'est la couche la plus récente; il apporte attention, concentration, réflexion, planification et comportement moral, tous composants essentiels de notre humanité.

Les deux cerveaux peuvent coopérer ou entrer en compétition; de cela dépend ou non l'harmonie intérieure synonyme de bien-être (équilibre entre réactions émotionnelles instinctives et réponses rationnelles).

Le rythme cardiaque est balancé par le système nerveux sympathique ( qui libère l'adrénaline accélératrice) et parasympathique (qui freine), Dans les états de stress, d'anxiété, de dépression ou de colère, la variabilité entre deux battements devient irrégulière ou "chaotique", Dans les états de bien-être, de compassion ou de gratitude, cette variabilité devient "cohérente".

La peur se forme directement dans le cerveau émotionnel et son image est indélébile; seul un "contrôle" du néocortex peut surmonter ses effets.


Il y a une relation entre le physique et le psychique, l'un et l'autre s'influençant mutuellement.

Ainsi les maladies dites psychosomatiques sont une manifestation physique du psychisme (par exemple une contrariété qui se manifeste par une crise d'urticaire).

A l'inverse, une attitude physique influence le psychisme.

Les « effets d’incorporations » se définissent comme l’impact des états corporels (maintien, postures, mouvements, expressions faciales) sur notre façon de traiter l’information et de voir le monde qui nous entoure, et donc influencer le ressenti des sentiments affectifs.

Les neurophysiologistes ont découvert que dans notre cerveau, un simple sourire, même forcé ou calculé, libère automatiquement des endorphines (« hormones du bonheur ») dont l’effet est immédiat.

Les réactions corporelles liées à la peur sont pour les mammifères des réflexes protecteurs: la contraction de l'estomac et des viscères permettra de courir plus vite, l'accélération du rythme cardiaque (adrénaline) et du souffle permettant d'alimenter mieux le sang et favoriser ainsi la fuite.
Et oui, la peur donne des ailes: courage, fuyons!

Le trac est une émotion dérivée de la peur, avec des symptômes communs.
Malheureusement, n'ayant pas à fuir le public, ces réflexes archaïques de survie ne nous sont pas très utiles pour interpréter un concerto. Ils sont même handicapants.

Gérer le trac consiste donc à maitriser et limiter ces effets indésirables, pour ne garder que l'indispensable stimulus qui nous aidera à donner le meilleur de nous même.

Pour cela, il est nécessaire et fondamental de respirer profondément (respiration abdominale), de se relâcher musculairement (relaxation), de se recentrer (entrer en soi-même), et ainsi ralentir son rythme respiratoire et cardiaque.
En principe, les autres effets indésirables (tremblements, sueurs) vont ainsi s'atténuer.
Par "sympathie", l'esprit va lui aussi s'apaiser.

La pratique régulière de la relaxation ou de la méditation, du Qi-Gong ou du yoga, ou encore de la technique Alexander sont autant d'aides précieuses pour reprendre possession de son corps.

En amont, soignez votre alimentation, votre sommeil et si possible faites de l'exercice pour optimiser votre condition physique.

On peut noter que se masser les yeux stimule les nerfs parasympathiques (ceux qui calment).

Concernant l'aspect psychologique, une bonne préparation, sérieuse, sans impasse, avec des objectifs concrets et réalistes est absolument nécessaire, car dans le cas contraire, votre inconscient vous le fera payer.
On ne choisit pas ses rêves ou cauchemars, mais ils ne sont pas toujours le fruit du hasard.

Sachez vous entourer de personnes bienveillantes et protégez-vous: ramassez vos viscères, accélérez votre rythme cardiaque et votre respiration et fuyez les importuns!

N'hésitez pas à vous divertir pour que votre esprit s'allège. Prenez du recul; l'humour est salutaire.

Les techniques de visualisation, ou la sophrologie pourront aussi vous aider.

Le trac se manifeste aussi par des pensées quelquefois irrationnelles, souvent parasites, alors concentrez-vous sur le tangible, comme votre technique de base (soutien, embouchure): elle est votre principal appui!

Portez votre attention sur les premières phrases de votre concours: ainsi vous éviterez de gamberger et vous ferez un bon début, ce qui donnera de vous une bonne première impression.


Et comme en France, il parait que tout finit en chanson, et bien, chantez! avec votre instrument, et que votre plaisir soit communicatif!

références bibliographiques:

André C., Psychologie de la peur, Odile Jacob 2004.

Servan-Schreiber D., Guérir, Pocket 2005

Dessins extraits de Astérix et les Normands de Goscinny et Uderzo, éditions Hachette.


samedi 29 août 2009

Si l’artisan travaille avec des outils mal affûtés...


...peu importe son talent, le résultat ne sera pas satisfaisant.

Le concours approche; vos outils sont-ils bien affûtés? votre clarinette est-elle bien réglée? avez-vous choisi vos anches avec soin?

sachez que votre corps est un des outils alors soignez votre alimentation et votre sommeil, prenez l’air, faites de l’exercice.



dessin d'Hoffnung

lundi 15 juin 2009

On ne joue pas de la musique pour perdre ou gagner quelque chose, juste pour exprimer des émotions.




«Quand il m’arrivait de rater un passage, ou de faire une fausse note, Beethoven disait rarement quoi que ce soit ; par contre quand l’expression, les crescendos, etc., ou le caractère du morceau laissait à désirer, il se mettait en colère parce que, disait-il, dans le premier cas, c’était un hasard, tandis que dans l’autre, c’était un manque de connaissances, de sensibilité ou d’attention».
Ferdinand Ries.

Pensons à Beethoven et souvenons nous que si la technique est nécessaire, l'expression des sentiments musicaux est essentielle!





Ludwig van Beethoven

mardi 9 juin 2009

«Moi, je n’ai jamais le trac sur scène»


«Ne vous inquiétez pas, ma petite, ça vous viendra avec le talent» lui répondit Sarah Bernhardt
.

Le trac est une bonne chose si on sait le gérer ; c’est une réserve d’énergie qui peut nous aider à donner le meilleur de nous-mêmes.
Pour cela, quelques conseils avant l'échéance:
...la préparation:
-fixez-vous des objectifs concrets et réalistes.
-soignez votre alimentation et votre sommeil.
-prenez l’air, faites de l’exercice.
-sachez vous entourer de personnes bienveillantes.
-allez aux concerts, aux spectacles.
-gardez du recul et de l’humour.
...les derniers instants:
-maitrisez votre respiration.
-soyez heureux d’être arrivé(e) là après tant d’efforts.
-soyez préparé(e) au fait que les choses seront différentes des répétitions.
-concentrez-vous sur la technique de base.
-vous avez la technique pour vous aider.
-avant d’entrer, souvenez-vous que vous allez jouer dans un environnement de compétition (pour ne pas vous laisser surprendre).
-concentrez vous sur le début et commencez sans vous précipiter.
...l’audition :
-avant d’entrer sur scène, rappelez-vous des premières lignes.
-prenez votre temps, entrez calmement, souriez, dites bonjour et préparez-vous.

Portez l’attention sur ces 3 points :
-vitalité : pour sortir du lot, dégagez vitalité et énergie, sans complexes, canalisée et naturelle.
-conscience de la scène : adaptez votre jeu à l'acoustique de la salle, mettez vous en relation avec ceux qui vous écoutent en jouant pour eux.
-maitrise : faites preuve de détermination, d’autodiscipline et de force de caractère. C'est le moment où tout votre travail en amont va s'exprimer pleinement!



Egon Schiele
- Autoportrait

jeudi 4 juin 2009

du calme, du calme...



A l'attention de ceux qui cherchent...
les principes du calme:
-Respirer (lentement et profondément)
-Relâcher (descendre à la tension musculaire et intellectuelle juste et nécessaire)
-Rassembler (être attentif à la posture, pour rester « centré »)
-Ralentir (prendre le temps de jouer chaque note : « chaque note est longue » disait Samson François)

Il y a une différence entre le calme et l’immobilité : le calme c’est la force maitrisée, l’immobilité, c’est la maitrise forcée.