Le disciple:Maître, je me suis présenté à l'Institut Confucius de Poitiers et j'ai échoué. Le maître: Présente-toi plutôt à l'Institut Lao Tseu. Selon lui, l'échec est le fondement de la réussite.
Le disciple:Maître, si, selon Lao Tseu, l'échec est le fondement de la réussite et que j'échoue partout, ma réussite est-elle totale? Le maître: Veux-tu mon pied dans ton fondement, disciple?
Le maître: Je te montre la lune du doigt et tu regardes la lune, disciple. Le disciple:Vous voudriez que je regarde votre doigt, maître? Le maître: Cela me permettrait de te faire une remarque, disciple.
Le disciple:Maître, si je me réveille cette nuit, comment savoir si je ne suis pas aveugle? Le maître: Dors, disciple, il est tard.
Textes extraits de Maître et disciple, de Hervé Le Tellier, la Bibliothèque Oulipienne n°190.
Lors d'un voyage à Mannheim en 1778, Mozart fut impressionné par la "beauté du son des clarinettes" nouvellement introduites au sein de l'orchestre. En 1789, Mozart compose le Quintette pour clarinette et cordes à l'attention d'Anton Stadler, son frère de loge maçonnique.
La clarinette, officiellement inventée en 1690 par Johann Christoph Denner, est alors un instrument en pleine évolution. Stadler joue un prototype révolutionnaire à cinq clés. A titre de comparaison, les concerti de Weber, composés seulement vingt ans plus tard, seront interprétés par Heinrich Joseph Baermann sur un instrument à dix clés, déjà bien plus performant. Mozart, qui a saisi toutes les possibilités expressives de la clarinette, va écrire pour elle ses plus belles pages du répertoire: le concerto k 622, le Kegelstatt-Trio, le quintette avec clarinette K 581, ou des airs d'opéra avec obligato de clarinette. Voici Parto, ma tu ben mio de la Clémence de Titus:
Dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, les instruments à vent sont en vogue. On peut les entendre aussi bien dans les salons que dans des concerts en plein air. On voit avoir fleurir une littérature musicale composée d'œuvres originales et de transcriptions. Mozart raconte dans une lettre à son père que sa Sérénade pour vents K 375 " a eu un plein succès. On l'a jouée en trois endroits différents, pendant cette nuit de la Sainte-Thérèse. Dès qu'ils l'avaient achevée en un lieu, on les emmenait et on les payait dans un autre". Dans cette vie musicale animée, les instrumentistes à vent, souvent par ailleurs d'excellents facteurs, arrangent eux-mêmes de nombreuses partitions. On peut citer par exemple le Don Giovanni pour Harmoniemusik du hautboïste Josef Triebensee. Voici "Der Vogelfänger" extrait de La flûte enchantée (transcription de J. Heidenreich) par l'Ensemble Maurice Bourgue:
Chez Mozart, la transcription peut être didactique, comme par exemple quand il adapte pour cordes certaines fugues de Bach. Mais elle est souvent pragmatique, comme en témoigne la lettre à son père écrite peu après la création de L'enlèvement au sérail: "Mon opéra doit être arrangé pour orchestre à vents pour dimanche prochain, sinon un autre passera avant moi et aura tout le profit au lieu de moi-même". Remplacer le premier violon du quatuor par un instrument à vent est une pratique courante comme en témoignent les quatuors pour flûte et le quatuor pour hautbois. La sonate pour violon et piano K 378 a été composée en 1779. Voici un arrangement que nous avons réalisés avec le quatuor Manfred pour un disque chez Zig Zag Territoires:
Et pour finir deux visions complémentaires de la musique de Mozart: "Il faut que cela soit gai, soit si gai, que l'on ait envie de fondre en larme" B. Walter "On voudrait pleurer, on pleure parfois, et le miracle est là: ces larmes sont douces comme un bonheur" A. Comte-Sponville
Les Virtuoso Migrateurs Florent HÉAU, clarinette, lame sonore, claquettes et plombinette. Bruno DESMOUILLIERES, batterie et percussions traditionnelles (pandeiro, cas-cas, cajon, bodhran, req)
Spécimen à floraison acoustique, ce duo volubile et farfelu développe d'intenses panaches musicaux et exhale des parfums exotiques et poivrés. Installé de préférence en terre inconnue, le répertoire des Virtuoso Migrateurs offre à ce spectacle musical plusieurs atmosphères et de multiples cultures: des bouquets de horo bulgare, de sirba roumaine et de lezginka du Caucase, des plants de czardas tzigane et de choro brésilien, des boutures de ragtime, de reel irlandais, pimentés de chants malgaches, japonais et pygmées.
Voici un triptyque sur des thèmes traditionnels d'Europe centrale : "nu mai plinge codrule", "sirba izvoara" et "hora de bessarabie":
à l'Opéra de Rennes, avec l'Orchestre de Bretagne, mardi 29 mars 2011.
direction : Sascha Goetzel clarinette : Florent Héau
MOZART - Musique funèbre maçonnique HERSANT - Concerto pour clarinette (commande de l’Orchestre) SCHUBERT - Symphonie en do majeur “La Grande”
Philippe Hersant
Concerto pour clarinette (durée environ 22') Voici ce qu'en dit Philippe Hersant:
"Mon concerto pour clarinette est la dernières des trois œuvres que j'ai écrites pour l'Orchestre de Bretagne dans le cadre de ma résidence à Rennes. J'ai adopté une forme en trois mouvements, sans me conformer toutefois à l'alternance vif-lent-vif du concerto classique. Ces mouvements sont, par ailleurs, de longueur très inégale. Le premier mouvement (modéré) débute par une longue phrase du soliste, accompagnée par des frémissements de cordes et des deux clarinettes de l'orchestre. C'est le motif essentiel du concerto, que l'on retrouvera à plusieurs reprises sous des formes variées. Le caractère chantant domine dans ce premier mouvement. Le deuxième (un très bref scherzo) exploite un aspect bien différent de l'instrument, qui s'y montre volontiers sarcastique, voire agressif. Le troisième mouvement est de loin le plus développé; il dure à lui seul plus que les deux autres réunis. Il débute par un adagio, une sorte de choral presque religieux. A la troisième reprise de ce choral, vient se superposer la phrase initiale du concerto- une réexposition, en quelque sorte, mais enrichie d'éléments nouveaux. Tous les motifs du premier mouvement (puis des échos du deuxième) vont réapparaître, quelque peu transformés, dans une longue coda récapitulative menée par la clarinette, presque omniprésente. Le concerto pour clarinette est dédié à Florent Héau"
la création à l'Opéra de Rennes, avec Philippe Hersant, Florent Héau, Sascha Goetzelet l'Orchestre de Bretagne. visitez le site de Philippe Hersant ici
Notre Auber qui êtes Jussieu Que Simplon soit Parmentier Que ta Volontaires soit Place des Fêtes Que ton Rennes arrive Sur Voltaire comme Courcelles Donne-nous Gallieni notre Havre-Caumartin Et ne nous soumets pas à la Convention Cambronne-nous nos Défense Comme nous Odéon à ceux qui nous ont Maraîchers Délivre-nous des Halles, Miromesnil.
Hervé Le Tellier. Zindien, 2000.
Les membres de l'Oulipo (acronyme de Ouvroir de Littérature Potentielle) sont des littéraires et des mathématiciens qui se plaisent à se définir comme "des rats qui construisent eux-même le labyrinthe dont ils se proposent de sortir".
Travaillant avec des contraintes d'écriture, ils manient le lipogramme (évitement d'une voyelle, comme dans La disparition de Georges Perec, lipogramme en E), le cadavre-exquis, l'anagramme, l'épenthèse, l'antonymie, l'isomorphisme et bien d'autres jeux littéraires. Vous pouvez découvrir leur travail, un jeudi par mois à l'auditorium de la BNF (voir). Vous passerez un bon moment!
Chaque membre est coopté, et doit être élu à l'unanimité, et à la condition de ne pas avoir demandé à faire partie de l'Oulipo. D'après les statuts, un membre élu ne peut démissionner qu'en se suicidant devant huissier. Raymond Queneau (1903-1976) est donc toujours membre de l'Oulipo. Lors des réunions du groupe, il est, selon la formule consacrée, "excusé pour cause de décès".
Pour réaliser un paddle (dig pick step heel): posez le talon, pointe en l'air, sans le poids du corps, puis faites un brush en arrière, posez la plante avec le poids du corps, puis le talon sans le poids du corps.
C'est simple, non?
Démonstration avec Dr Bunny Briggs et l'orchestre de Duke Ellington: "David danced before the Lord"
« Le Stravinski était étonnant. Ces chants sont merveilleux, et cette musique m'émeut complètement. Je l'adore, et les berceuses sont indescriptiblement touchantes. Comme ces clarinettes sonnent!" (de Webern à Berg)
Stravinsky
Igor Stravinsky écrit les Berceuses du chat en 1915 et 1916. Ce cycle de 4 chants est écrit pour voix de contralto, petite clarinette en mib, clarinette en la et clarinette basse.
Les berceuses du chat ont été créées le 6 juin 1919 à Vienne. Dans le meme concert on a pu entendre Pribaoutki, autre cycle de 4 chants pour voix et 8 instruments composé en 1914.Ces chants sont généralement chantés en russe, mais quelquefois en français, dans la traduction de Charles Ferdinand Ramuz.
Charles Ferdinand Ramuz et Igor Stravinsky
Ces clarinettes qui "sonnent" sont écrites de manière très inventive, dans des registres inattendus: ainsi il mélange le grave de la petite clarinette avec l'aigu de la clarinette basse. Dans la troisième pièce, la clarinette basse est remplacée par une clarinette en la jouant dans l'extrême grave.
Voici le texte des quatre chants, dans la version en français de Ramuz:
Le Chat sur le poêle Dors sur le poêle, bien au chaud, chat; La pendule bat; elle bat, mais pas pour toi.
Intérieur Le chat dans un coin casse des noisettes; La chatte, sur le foyer, fait sa toilette Et les petits chats ont mis des lunettes Guignent, guignent, les petits, Si le vieux n'a pas fini: Pas encore mais tant pis.
Dodo Dodo, l'enfant do, l'enfant dormira bientôt Aujourd'hui; le chat a mis son bel habit gris, Pour faire la chasse aux souris. Dodo, l'enfant do, l'enfant dormira bientôt Ôtera son bel habit Si l'enfant n'est pas gentil Dodo, l'enfant do, l'enfant dormira bientôt.
Ce qu'il a, le chat
Ce qu'il a, le chat Ce qu'il a, le chat C'est un beau berceau qu'il a; Mon enfant à moi en a Un plus beau que ça. Ce qu'il a, le chat C'est un coussin blans qu'il a; Mon enfant à moi en a Un bien plus blanc que ça. Ce qu'il a, le chat C'est un tout fin drap qu'il a; Mon enfant à moi en a Un bien plus fin que ça. Ce qu'il a, le chat C'est un chaud bonnet qu'il a; Mon enfant à moi en a Un bien plus chaud que ça.
- Lied und Csárdás, Lehár pour voix, clarinette et piano (Klarthe éditions)
- Gammes, arpèges et vocalises (Klarthe éditions)
- Marin Marais, 5 pièces pour clarinette seule (Klarthe éditions)
NOUVEAUTÉS DISQUES
- Brahms, trio et quintette (Klarthe)
- Hersant, Sur la neige (Triton)
A découvrir:
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